Un contrat mudharaba est un partenariat entre deux personnes, morale ou physique. Le principe de ce contrat repose sur l’échange d’une expertise contre du capital.
Un partenaire possède du capital et un autre possède un savoir faire ou une force de travail. Dans ce cas, le premier achète l’actif convoité par le second qui servira à celui-ci à la production d’un autre bien puis le vendra.
Une fois le bien vendu, les frais seront remboursés à l’expert et le capital à l’investisseur sauf si l’opération s’avère non rentable.
Dans ce cas, chaque partenaire partage le risque à hauteur de sa participation et ne pourra pas demander de remboursement à l’autre afin compenser ces pertes.
Aujourd’hui, le contrat mudharaba se présente d’une manière légèrement différente. Une banque islamique ou un fond d’investissement s’interpose entre l’expert et l’investisseur :
Ce type de contrat, qui s’appelle al-mudharaba al-muqayyadah, est donc aujourd’hui fortement intermédié et présente un risque élevé pour la banque.
Dans la pratique, la mudharaba est utilisé :
En résumé, le contrat mudharaba peut être assimilé à une société en commandité et permet de structurer tout type d’organismes de placement de valeur mobilière collective (OPCVM, FCC..).
L’AMF(2) autorise explicitement les OPCVM(3) à recourir à des critères extra financiers de sélection des actifs les composant tout en respectant quatre contraintes qui obligent les organismes à :
Ce point règle la problématique de la ségrégation d’un certain nombre d’actifs en fonction de règles d’ordre religieux comme l’interdiction d’investir dans l’industrie du sexe, du tabac ou des jeux de hasard mais aussi permet la consultation d’un Chari’a board dans la sélection de ces mêmes actifs.
En outre, l’autorité des marchés financiers (AMF) précise qu’un OPCVM peut distribuer tout ou une partie des revenus distribuables à des « entités distinctes de ses porteurs ou actionnaires »(4).
Cette disposition est particulièrement importante car elle permet à l’OPVCM de distribuer la part impure de ses revenus en faisant des donations au bénéfice d’organismes dans la limite de 10% comme l’exige la Chari’a.(5)
Cette note AMF permet donc la création et la commercialisation des OPCVM relevant de la finance islamique en France depuis juillet 2007. Nous pourrons donc nous baser sur ce type de produits pour la constitution d’un portefeuille.
Cependant, la note AMF ne mentionne pas les OPCVM ayant un passeport européen ou étant émis et agréés dans un autre état membre ce qui pose la question de la réduction d’impôt sur les donations des revenus distribuables.
(3) OPCVM = Organisme de placement collectif de valeurs mobilières
(4) L’AMF donne deux conditions : (1) Cette disposition doit être clairement mentionnée dans le prospectus ainsi que (2) l’entité bénéficiaire qui doit être de droit français.
(5) Les dons provenant des OPCVM relevant de la finance islamique ouvriront droit à une réduction d’impôt pour les porteurs résidant en France et que pour en bénéficier ceux-ci doivent se faire connaître auprès de la société de gestion ».